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Un sit-in à Kinshasa pour la démission des juges de la Cour constitutionnelle
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Un sit-in à Kinshasa pour la démission des juges de la Cour constitutionnelle

« Nous marchons pour protester et exiger leur [juges de la Cour constitutionnelle] révocation. Et nous demandons au président de la République de tenir compte de son serment constitutionnel parce que ces avocats ont mis à mal son serment constitutionnel », explique presqu’essoufflé, Louis d’Or Balekelayi, qui avait été proclamé élu dans la circonscription électorale de Mont-Amba, l’une de quatre que compte la ville de Kinshasa, avant qu’il ne soit définitivement invalidé par la Cour.

Les 31 députés nationaux victimes des arrêts, qu’ils qualifient de superposition, ont marché ce vendredi 9 août et exigent la révocation des juges de la Cour constitutionnelle.

Mais leur sit-in, le long du boulevard du 30 juin, a été interrompu par la Police nationale congolaise, empêchant à ce collectif d’atteindre son objectif final, à savoir le Palais de la nation où les manifestants avaient prévu de remettre leur déclaration au président de la République. La Police nationale congolaise a dispersé ce mouvement.

Arrêts irrévocables et exécutoires


« Voilà pourquoi nous marchons, pour que nous puissions siéger [au Parlement] sur base des arrêts qui ont été rendus par la Cour constitutionnelle et qui sont irrévocables, obligatoires et exécutoires », 
poursuitLouis d’Or Balekelayi.

Selon ces députés invalidés, les juges constitutionnels« n’ont pas respecté l’article 168 qui dit qu’une fois que les arrêts de la Cour sont rendus, ils sont irrévocables, exécutoires et opposables à tous ».

« Ils l’ont violé en émettant des arrêts parallèles au profit d’autres députés. Voilà pourquoi [nous adressons] la pétition au président de la République afin qu’il s’implique en tant que magistrat suprême », précise l’ancien journaliste.

« Nous allons siéger au moyen des arrêts que nous avons, qui sont des arrêts rendus dans le respect de la constitution. Les arrêts parallèles, que nous appelons arrêts de superposition, ont été rendus dans la violation de la constitution »
, conclut-il.

Une trentaine d’élus, essentiellement de l’opposition, avaient été invalidés par la Cour constitutionnelle dans le cadre du traitement du contentieux électoral. Après avoir passé plusieurs nuits à veiller au siège de cette haute Cour, pour réclamer leur droits, certains d’entre ces élus finiront par être réhabilités par la même institution.

Peu avant que la Cour ne décide sur ce qu’elle avait elle-même qualifié de « contentieux de rectification pour erreurs matérielles », une audience du chef de l’État était accordée au président de cette institution.

Quelques semaines plus tôt, le Comité laïc de coordination avait demandé la démission de tous les juges constitutionnels ainsi que du président de cette haute Cour, n’ayant pas hésité à les considérer comme des corrompus.

Alain Tshibanda

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