Now Reading:
« Nos villes produisent environ 1 milliard de tonnes de déchets par an et peinent à les gérer » (Muabilu)
Full Article 5 minutes read

« Nos villes produisent environ 1 milliard de tonnes de déchets par an et peinent à les gérer » (Muabilu)

« Les villes de la République démocratique du Congo produisent environ 1 milliard de tonnes de déchets par an et peinent à répondre aux exigences de base en matière de gestion des déchets », a fait savoir le ministre d’État, ministre de l’urbanisme et habitat, en marge de la célébration de la journée mondiale de l’habitat, lundi dernier.

Célébrée sous le thème « Technologies de pointe, un outil pour transformer les déchets en richesse », et dont le sous-thème au pays est « Villes bopeto, Villes propres », cette journée a été l’occasion pour Pius Muabilu Mbayu Mukala d’interpeller la conscience collective sur la gestion des déchets divers et appelle au changement des mentalités.

« J’invite mes compatriotes au changement de mentalités et faire de ces déchets une ressource précieuse et à entreprendre des recherches sur les nouvelles technologies de pointe susceptibles d’améliorer considérablement la gestion actuelle de déchets », a-t-il exhorté.

En effet, « l’objectif de cette journée vise à transformer les villes et les établissements humains, afin qu’ils ne laissent personne et aucun endroit derrière eux et d’attirer l’attention sur le rôle des villes comme moteur de croissance et faire comprendre que, lorsqu’elles sont bien planifiées, les villes peuvent permettre aux habitants d’aujourd’hui comme de demain, à s’épanouir », explique le ministre.

Rappelant le souhait de la Communauté internationale de promouvoir, cette année, « la contribution des technologies innovantes de pointe à la gestion durable des déchets produits par l’activité humaine, c’est-à-dire des déchets solides, liquides, domestiques, industriels et commerciaux qui continuent à avoir un impact dévastateur sur le changement climatique, la santé publique et l’environnement », Pius Muabilu Mbayu Mukala s’est réjoui du fait que « Villes bopeto, Villes propres » est « approprié en cette période où le chef de l’État tient à faire de la décentralisation des villes et établissements humains, son leitmotiv de travail ».

Le ministre a fait référence à une étude datant de 2018 portant sur la situation économique et sociale dans le monde, qui atteste que « les technologies de pointe offrent d’immenses possibilités d’améliorer la façon dont les gens travaillent et vivent, ainsi que d’accélérer considérablement les efforts pour atteindre les objectifs du développement durable et faire face aux changements climatiques ».

Dans cette optique, poursuit-il, « les technologies d’avant-garde telles que l’automatisation, la robotique, les véhicules électriques, les technologies des énergies renouvelables, les biotechnologies et l’intelligence artificielle, peuvent transformer les sphères sociales, économique et environnementales, car elles offrent le potentiel de solutions meilleures, moins chères, plus rapides, évolutives et faciles à utiliser pour les problèmes quotidiens, y compris la gestion des déchets ».

La situation budgétaire et gestion des déchets en RDC 

Les municipalités du pays, qui génèrent un milliard des tonnes de ces matières par an, ne consacrent en moyenne que « 5% de leur budget à la gestion des déchets solides et moins de 3% à l’assainissement », constate Pius Muabilu Mbayu Mukala. 

Qui estime qu’il « va de soi que cela ne suffit pas pour financer les systèmes de gestion de base des déchets et de l’assainissement, alors que les utilisateurs sont souvent incapables ou peu disposés à payer pour les services de gestion de déchets fournis ».

En effet, révèle le ministre, « la collecte des déchets solides touche moins de la moitié de la population des villes du pays et les citadins n’ont pas accès aux services sanitaires de base ».

En outre, insiste-t-il, « toutes les 30 secondes, une personne meurt de maladies par des déchets mal gérés, comme la diarrhée, le paludisme, les maladies cardiaques et le cancer, ce qui représente environ 400 000 à 1 000 000 de décès par an ».

Saisir les opportunités 

Le ministre de l’urbanisme et habitat suggère de regarder les déchets au-delà du problème qu’ils posent, du fait que leur gestion durable présente également des opportunités.

« En innovant dans la gestion des déchets en repensant, refusant, réduisant, réutilisant et recyclant ces déchets, les villes peuvent non seulement relever le défi de l’amélioration de nos habitats, mais aussi créer des emplois, promouvoir la croissance économique, améliorer la santé et les écosystèmes »
, prévient Pius Muabilu Mbayu Mukala qui estime que cela va contribuer « à rendre les villes plus heureuses, plus écologiques et plus saines, pouvant même créer des économies énormes » pour elles.

Le ministre pense aussi au fait que « les technologies de pointe pourraient également être déployées dans le cadre d’un système intégré de gestion urbaine, à titre d’exemple, de la production des données sur la gestion de déchets, qui seront intégrées aux données générées sur d’autres sujets urbains comme la santé publique, les licences commerciales et la gestion des urgences ».

Mobiliser pour developper

Pius Muabilu  Mbayu Mukala veut voir tous les congolais impliqués concernant « les défis de la gestion des déchets solides municipaux » et entend lancer des activités d’assainissement ainsi que de salubrité.

« La sensibilisation dont il est question s’adressera principalement aux collectivités locales et fera la promotion du ‘Cadre de gestion intégrée durable des déchets’, plus concrètement l’amélioration de la collecte et du traitement des déchets ainsi que la participation des parties prenantes »
, prévient-il.

La campagne soulignera la nécessité pour les villes, indique le ministre, de prendre en compte tous les aspects de la gestion durable des déchets, mais également des approches innovantes, si elles veulent transformer les déchets en richesse et évoluer vers une économie circulaire.

« Transformer les déchets en richesse dans ce contexte, permettra d’économiser de l’argent en réfléchissant sur ce que nous considérons comme des déchets et ce que nous produisons. De cette façon, il conviendra de refuser la production et l’utilisation d’articles à usage unique, en réutilisant les matériaux et l’eau, en réduisant la production de déchets et en recyclant des déchets inévitables »
, souligne-t-il. 

Alain Tshibanda 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.
(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({ google_ad_client: "ca-pub-6489359758737905", enable_page_level_ads: true }); " alt="ads" />