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Les Nations unies interpellées sur le massacre de Gatumba (Burundi)
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Les Nations unies interpellées sur le massacre de Gatumba (Burundi)

Les victimes d’une attaque à main armée contre un camp de réfugiés au Burundi, ainsi que leurs familles, attendent toujours, 15 ans plus tard, que justice leur soit rendue et que des indemnités leur soient versées. Pour rompre avec le silence qu’elles jugent coupable de la part des Nations unies, elles ont entrepris d’écrire ce mardi 13 août à cette organisation plutôt que de s’adresser aux gouvernements congolais et burundais.
« Il faut essayer d’actionner toutes ces trois portes pour voir celle qui peut s’ouvrir pour nous. Ce sont de crimes contre l’humanité qui sont imprescriptibles et qu’on ne peut pas effacer comme ça. Peu importe les années qui vont passer, si jamais la justice s’en occupe, on aura rendu [justice]. Mais malheureusement, 15 ans sont passés, les trois portes nous sont fermées, la communauté internationale à travers l’ONU, les gouvernement congolais et burundais »
, déplore sur TOP CONGO, Enock Ruberangabo, membre de la communauté Banyamulenge du Sud-Kivu.
Il estime avoir « eu raison d’écrire aux Nations unies puisque [ses] compatriotes étaient en refuge sous protection [de cette organisation]. Le jour-même de l’inhumation, il y avait la représentante des Nations unies au Burundi qui était présente et avait même donné un message de compassion au nom du secrétaire général de l’époque ».
Cette attaque contre le camp de réfugiés de Gatumba, selon Human Rights Watch, avait fait plus de 150 morts et 106 blessés parmi les résidents civils congolais. Ces congolais s’étaient réfugiés au Burundi. Dans un camp des réfugiés qui étaient tenus par le Haut commissariat pour les réfugiés sous la protection de l’ONUB, Organisation des Nations unies au Burundi (ONUB).
Pour Enock Ruberangabo, « les Nations unies ne sont pas coupables mais c’est leur silence qui l’est car ils ont été témoins ».
À en croire les rescapés, les familles de victimes et la communauté de Banyamulenge visés, l’ONU doit actionner les mécanismes de mise en accusation en diligentant une enquête internationale indépendante.
Une procédure pénale a été ouverte en 2013, mais celle-ci est restée au point mort depuis l’année suivante. Les autorités burundaises devraient garantir que le système judiciaire demeure indépendant de toute ingérence politique et faire en sorte que la justice soit rendue en conformité avec les lois du Burundi et le droit international. Il incombe au gouvernement de rendre justice aux survivants de l’attaque et aux familles des victimes, a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.
Alain Tshibanda

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