Now Reading:
Formation du gouvernement, le pays a besoin d’hommes nouveaux et intègres (CENCO)
Full Article 4 minutes read

Formation du gouvernement, le pays a besoin d’hommes nouveaux et intègres (CENCO)

« On ne le dira jamais assez, soulignent les archevêques et évêques congolais s’adressant au premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, la crise de notre pays est avant tout éthique. Le pays a besoin d’hommes nouveaux et intègres. Un changement radical dans le comportement personnel, social et politique pourra apporter une nouvelle manière de gérer la République. Le Congo nouveau sera fondé sur les valeurs républicaines, les valeurs morales de la vie sociale et les valeurs évangéliques ».

Pour l’épiscopat congolais, qui a adressé ce vendredi 9 août un mémorandum à l’ancien directeur général de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), l’heure est grave.

« Avant tout, qu’il nous soit permis de rappeler que vous [le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba] occupez la Primature de notre pays dans un contexte où l’économie souffre de faiblesses structurelles héritées du passé. Le chômage persiste, la scolarité et l’accès aux soins médicaux sont un luxe pour beaucoup de familles. Des milliers de personnes, dont un nombre impressionnant d’enfants, vivent dans une insécurité alimentaire sévère, dans un pays au sol fertile, et regorgeant en plus d’abondantes ressources naturelles », relève le mémorandum de la conférence épiscopale nationale congolaise (CENCO).

Rompre avec l’héritage négatif du passé

La crise que traverse le pays, poursuit l’épiscopat congolais, « se justifie, sans aucun doute, par le fait que les différents systèmes de gouvernance qui se sont succédés n’ont pas placé les intérêts des congolais au centre de leurs préoccupations politiques ».

La CENCO déplore « le positionnement et l’enrichissement personnels [qu’elle pense] être le principal mobile de l’engagement en politique pour beaucoup de nos compatriotes », reliant ce manque d’éthique à l’issue du scrutin présidentiel de décembre 2018 où « le peuple congolais a saisi l’occasion pour s’exprimer clairement pour une véritable rupture avec l’ancien système de gouvernance, en vue d’avoir les nouveaux dirigeants qui le mettraient au centre de leurs préoccupations ».

Pour l’épiscopat congolais, « ce nouveau leadership et la nouvelle classe politique que le peuple attend impatiemment auront comme socle le gouvernement que vous êtes en train de former. D’où le grand intérêt que le public congolais accorde sur la qualité des personnes qui devront le constituer ».

Un gouvernement budgetivore

La CENCO ne passe pas sous silence l’inquiétude des uns et des autres concernant l’impact de la taille du gouvernement Ilunga Ilunkamba sur la santé économique nationale.

« Tel qu’annoncé, la taille de votre gouvernement semble très large et par conséquent budgétivore. Sa réduction serait plus que souhaitable. Nous vous recommandons vivement de nommer des personnes intègres qui feraient la différence avec le passé », disent les pères de l’Église.

Qui rappellent que « le peuple congolais est très regardant à ce propos. La publication de votre gouvernement sera un grand signal du changement voulu par notre peuple ».

Au terme de la signature de l’accord solennel de la coalition entre le Front commun pour le Congo (FCC) et le Cap pour le changement (CACH), le premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba vient d’entamer les consultations avec les différentes forces politiques et vives de la nation, en vue de soumettre à l’éventuelle approbation du chef de l’État une première mouture de personnes qui auront la lourde responsabilité de redresser le pays.

Pour l’épiscopat congolais, la démarche du premier ministre « traduit la considération [qu’il a] du rôle que la CENCO joue [en RDC] ainsi que de la présence et de l’engagement de l’Église catholique en République démocratique du Congo ».

La CENCO salue ces consultations [exprimant également la volonté du premier ministre] de « collaborer avec [l’épiscopat congolais] pour le bien-être de » la population.

« Persuadés que le présent mémo retiendra votre attention particulière, nous vous prions d’agréer, Excellence monsieur le premier ministre, l’expression de nos sentiments dévoués en Notre Seigneur Jésus-Christ », terminent ces princes de l’Église.

Alain Tshibanda

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Input your search keywords and press Enter.